vendredi 23 juin 2017

Histoire, programme pour le cours élémentaire

Je prends enfin le temps de coucher sur le papier mon programme d'histoire pour le "cours élémentaire" (cette année et l'année prochaine pour Amaryllis).




Il se déroule sur deux ans, ce qui permet de voir l'essentiel sans trop se presser... et correspond à la différence d'âge entre Amaryllis et Pervenche : il sera fini pour Amaryllis quand Pervenche aura l'âge de le commencer vraiment (elle assiste aux leçons mais je sens un intérêt limité, à part pour les questions existentielles, du type "comment est-ce que les hommes préhistoriques fermaient la porte de leur caverne ?" ou "est-ce que les Gaulois mangeaient des spaghettis ?" ...) et nous le recommencerons, en approfondissant.


Je m'appuie essentiellement sur le livre, malheureusement plus édité, de Marie-Madeleine Martin : Histoire de France racontée aux petits enfants, avec une touche de l'inévitable Jacques Bainville (les CDs ont un grand succès), et je complète parfois en m'appuyant sur l'excellent site Herodote.

Voici donc le découpage prévu :

1.     La vie avant l’homme
2.     Paléolithique : les chasseurs-cueilleurs
3.     Néolithique : élevage, agriculture, sédentarité
Antiquité
4.     Egypte
5.     Grèce
6.     Rome
7.     Celte
8.     Vercingétorix et la conquête romaine
9.     Les invasions barbares

Le Moyen-Age
10.  Clovis
11.  Les mérovingiens
12.  Charlemagne
13.  Les invasions vikings
14.  Hugues  Capet
15.  Philippe Auguste
16.  Châteaux forts et vie au Moyen-Âge
17.  Chevalerie, blasons
18.  Cathédrales, pélerinages, croisades
19.  Saint Louis
20.  Philippe le Bel
21.  La guerre de Cent Ans
22.  Jeanne d’Arc
23.  Louis XI, Louis XII, Bayard
Renaissance
24.  François Premier, les artistes
25.  Les grandes inventions, explorations
26.  Les guerres de Religion, Henri IV
27.  Louis XIII
Les temps modernes
28.  Louis XIV
29.  Louis XV
30.  Louis XVI et la Révolution
31.  Napoléon
32.  Les derniers rois, Colonisation
33.  Napoléon III, la guerre de 1870
Epoque contemporaine
34.  Première guerre mondiale
35.  Les années folles
36.  Seconde guerre mondiale
37.  Vème république


Nous en sommes au numéro 15, en ayant commencé sérieusement en décembre.

Pour chaque leçon, je lis le chapitre correspondant (très court, 2 pages), je pose des questions, nous en discutons, éventuellement nous regardons quelques pages d'un documentaire, puis elles ont un coloriage à glisser dans leur classeur.

Je vais mettre en ligne ici les fiches déjà réalisées... Patience ! 

mercredi 21 juin 2017

Bilan de mai ...

... et de juin aussi, vue la date de ce post, autant faire une pierre deux coups ! 

Vu le nombre de ponts et de divers jours de congés accordés ce mois-ci, pour diverses raisons, j'ai l'impression d'avoir peu travaillé !


L'évènement le plus marquant, du point de vue IEF, aura été l'inspection académique. Une bonne chose de faite !


Amaryllis aura été à l'honneur ce mois-ci (ce qu'elle n'aime pas du tout... mais elle a survécu), avec ses 7 ans et sa première Communion. Grande joie de la voir grandir !
Sur le plan scolaire, nous avons introduit dans la routine quotidienne 3 petits problèmes à l'oral (appelés ici "histoires pour calculer"... la première fois que j'ai dit à Amaryllis que nous allions "faire des problèmes", elle m'a regardé avec des grands yeux, semblant trouver qu'on en avait déjà assez, sans en rajouter volontairement  😂). J'utilise un manuel ancien, "Calcul au cours élémentaire" de Draux. Pervenche a souhaité également avoir des histoires pour calculer, je les tire du même manuel (qui commence vraiment à la base). 

Pour tenter de canaliser son énergie débordante, elle dispose maintenant d'un ballon de gym comme siège. Voyez-vous même le résultat .... les photos se passent de commentaires !!


Mais il me semble que cela l'aide beaucoup (et moi aussi : j'étais assez agacée de la voir monter et descendre de sa chaise toutes les 30 secondes !).


Elle est enchantée de vérifier ses opérations à la calculatrice. Un nouveau stylo-plume avec un emplacement spécial l'aide bien à mieux positionner ses doigts. 

Pervenche continue de progresser en lecture et en calcul. Elle a terminé le tableau de cent. 
Avec beaucoup de joie, elle a appris une petite poésie pour la fête des pères, je pense continuer à lui en faire apprendre par la suite, sans attendre la lecture. Le cahier Danièle Dumont avance doucement... comme Amaryllis au même âge, c'est une corvée pour elle !

Elle sait lire l'heure maintenant et a reçu sa première vraie montre !




Serpolet a beaucoup grandi ces dernières semaines (physiquement et dans ses attitudes). Il a eu - enfin - le déclic "continence" et la serpillère est très peu sortie ! Il ne fait plus du tout bébé !

Il commence les jeux d'associations d'images, découpe la pâte à modeler avec enthousiasme. 


Je lui ai présenté le premier bloc de cylindres, il a apprécié mais n'a pas repris l'activité.


Le soleil estival déjà au rendez-vous nous a permis de retrouver la plage et les baignades : après-midi de bonheur garanti !

En histoire, nous avons terminé l'Antiquité et commencé le Moyen-Age : Clovis, Charlemagne et nous rencontrons maintenant les premiers Capétiens.

Je me penche sur la question des manuels, objectifs, etc... pour l'année prochaine - ou du moins j'essaye, bénéficiant de l'aide avisée de Serpolet :-)


vendredi 9 juin 2017

Petit éloge de la vertu d'obéissance

Je poursuis ma réflexion sur une éducation chrétienne.

Voilà maintenant une réflexion sur la vertu d'obéissance.... qui n'a pas très bonne presse aujourd'hui.
(attention, article long... j'ai hésité à le publier en plusieurs parties, mais tout se tient, donc prenez votre temps, il ne va pas s'auto-détruire !)


Des enfants obéissants ? Non merci, je ne veux pas qu'ils deviennent des "moutons".

Et d'évoquer - immanquablement - la désobéissance civile qui aurait empêché le monde de naufrager à plusieurs reprises, etc.  (attention, je ne dis pas qu'elle est une mauvaise chose, mais c'est un argument souvent brandi dès qu'on évoque ce mot d'obéissance... A mon avis, les choses sont plus subtiles que cela).
Ou encore d'évoquer les soldats de tous bords qui ont commis les pires atrocités "par obéissance".

Bien évidemment, personne ne souhaite que ses enfants deviennent des exécutants aveugles, bornés et malfaisants.

Faut-il donc bannir toute obéissance ?
Quelle pourrait être la place de l'obéissance dans une éducation chrétienne ? 
Question corollaire : est-ce que l'obéissance est une vertu réservée aux enfants, 
ou les adultes s'en trouvent-ils bien aussi ?

1. Définition de l'obéissance

Ouvrons - encore une fois 😃 - le Catéchisme de l'Eglise Catholique

Il nous propose cette définition de l'obéissance : 
Obéir (ob-audire) dans la foi, c’est se soumettre librement à la parole écoutée, parce que sa vérité est garantie par Dieu, la Vérité même.
Pas très concret, à première vue ? quoique...

Cela incite d'abord à écouter avec un esprit bienveillant, positif. Ecouter Dieu, ses parents, son conjoint, ses supérieurs hiérarchiques.

Cela nous parle aussi de liberté, de choix.
Rappelons qu'être libre, ce n'est pas pouvoir faire tout ce que l'on veut, mais c'est choisir le Bien. Cela nécessite donc une conscience formée et éclairée pour discerner quel est le vrai Bien. Etre libre, ça s'apprend, ça n'est pas inné (à cause du péché originel). Dieu nous indique LA vérité.
Donc dans les exemples souvent cités "d'exécutants malfaisants", le problème n'était pas l'obéissance, mais le manque de conscience morale...
Rappelons également qu'il s'agit de choisir, d'exercer notre volonté et que, là aussi, cela s'apprend : la volonté doit s'entraîner.

Obéir, ce n'est donc pas agir sous une contrainte extérieure, mais choisir librement de suivre la Loi divine, en reconnaissant que Dieu est le Bien suprême et que Lui seul peut nous attirer à Lui.





2. L'obéissance, chemin vers Dieu

L'obéissance a pour but de nous faire grandir dans l'amour de Dieu, en réalisant Sa volonté et donc... de nous amener à la sainteté.
[Deutéronome 30] Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession.Je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve ta vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.
Le Seigneur Jésus le premier nous a montré le chemin de l'obéissance, réparant par là la désobéissance d'Adam et Eve.
Dans la prière du Notre Père, nous disons au Seigneur Dieu : "que Votre volonté soit faite" ...  nous Lui demandons Sa force pour Lui obéir.
2825 Jésus, " tout Fils qu’il était, apprit, de ce qu’il souffrit, l’obéissance " (He 5, 8). A combien plus forte raison, nous, créatures et pécheurs, devenus en lui enfants d’adoption. Nous demandons à notre Père d’unir notre volonté à celle de son Fils pour accomplir sa Volonté, son Dessein de salut pour la vie du monde. Nous en sommes radicalement impuissants, mais unis à Jésus et avec la puissance de son Esprit Saint, nous pouvons lui remettre notre volonté et décider de choisir ce que son Fils a toujours choisi : faire ce qui plaît au Père (cf. Jn 8, 29)
L'exemple vient de haut , le Christ n'a jamais cessé de clamer son obéissance au Père , mais plus encore Il l'a prouvé en se faisant "obéissant jusqu'à la mort et la mort de la Croix" . Il s'est soumis aux autorités religieuses de son peuple et à l'autorité politique de l'occupant romain . Ainsi Il a accompli la mission de Rédempteur , obéi à la Volonté du Père , nous montrant la voie à suivre pour aller vers le bonheur éternel . [Père Yannik Bonnet]
L'obéissance est un chemin de sainteté, c'est un moyen de combattre l'orgueil, racine du péché originel  : Adam et Eve ont voulu décider par eux-même quels étaient le Bien et le Mal. Par son obéissance, Jésus-Christ a réparé cette faute.
397 L’homme, tenté par le diable, a laissé mourir dans son cœur la confiance envers son créateur (cf. Gn 3, 1-11) et, en abusant de sa liberté, a désobéi au commandement de Dieu. C’est en cela qu’a consisté le premier péché de l’homme (cf. Rm 5, 19). Tout péché, par la suite, sera une désobéissance à Dieu et un manque de confiance en sa bonté.
398 Dans ce péché, l’homme s’est préféré lui-même à Dieu, et par là même, il a méprisé Dieu : il a fait choix de soi-même contre Dieu, contre les exigences de son état de créature et dès lors contre son propre bien. Constitué dans un état de sainteté, l’homme était destiné à être pleinement " divinisé " par Dieu dans la gloire. Par la séduction du diable, il a voulu " être comme Dieu " (cf. Gn 3, 5), mais " sans Dieu, et avant Dieu, et non pas selon Dieu " (S. Maxime le Confesseur, ambig. : PG 91, 1156C)
Il y a dans ce point quelque chose de très important : il faut apprendre à nos enfants que la Vérité et le Bien ne sont pas relatifs mais absolus et que c'est Dieu qui nous l'enseigne, par l'Eglise. 
Nos choix ne sont pas uniquement dictés par ce que nous comprenons ou approuvons, mais par la Loi divine. Le relativisme est un grand mal de ce siècle !
(cf ce que je disais dans cet article sur le Bien et le Mal) 






3. L'obéissance propre aux enfants... et celle des adultes !

Continuons avec le C.E.C. : 
III. Devoirs des membres de la famille
Devoirs des enfants : 2217 Aussi longtemps que l’enfant vit au domicile de ses parents, l’enfant doit obéir à toute demande des parents motivée par son bien ou par celui de la famille. " Enfants, obéissez en tout à vos parents, car cela est agréable au Seigneur " (Col 3, 20 ; cf. Ep 6, 1). Les enfants ont encore à obéir aux prescriptions raisonnables de leurs éducateurs et de tous ceux auxquels les parents les ont confiés. Mais si l’enfant est persuadé en conscience qu’il est moralement mauvais d’obéir à tel ordre, qu’il ne le suive pas.
En grandissant, les enfants continueront à respecter leurs parents. Ils préviendront leurs désirs, solliciteront volontiers leurs conseils et accepteront leurs admonestations justifiées. L’obéissance envers les parents cesse avec l’émancipation des enfants, mais non point le respect qui reste dû à jamais.
Devoirs des parents : 2222 Les parents doivent regarder leurs enfants comme des enfants de Dieu et les respecter comme des personnes humaines. Ils éduquent leurs enfants à accomplir la loi de Dieu, en se montrant eux-mêmes obéissants à la volonté du Père des Cieux.
Conséquence 1
Quand des parents demandent l'obéissance à leurs enfants, le but n'est pas de se simplifier la vie, mais de les faire grandir en sainteté. 
(surtout que, souvent, cela demande plus d'efforts d'aller jusqu'au bout de notre demande, si on estime qu'elle est bonne et nécessaire, que de céder...)
Des enfants parfaitement obéissants seraient très agréables à vivre, mais la grande majorité 😅d'entre eux sont seulement en chemin... 

Conséquence 2
Les adultes sont donc aussi concernés par la pratique de l'obéissance. 
Obéissance à qui ?
Aux autorités civiles (Etat, supérieurs professionnels hiérarchiques), tant que leurs commandements ne vont pas contre la loi naturelle.
A la loi de Dieu, enseignée par l'Eglise qui nous montre le Bien. 
En faisant tout cela, nous montrons l'exemple à nos enfants. Comment pouvons-nous leur demander d'obéir même à des demandes qui leur paraissent sans importance si, par exemple, nous même ne respectons pas le code de la route (oui, c'est parfois idiot de limiter la vitesse à X km/h sur le périph', ou... ), ou si nous rejetons tel ou tel commandement de l'Eglise, parce que "c'est un domaine qui ne regarde que moi" ou "je ne vois pas en quoi c'est bien pour moi". (cf supra)
Dépasser les limitations de vitesse, même si on ne prend pas de risque pour soi-même ou pour autrui, c'est mal, car on s'est engagé, en passant notre permis, à respecter le code de la route (ce qui n'empêche pas d'aller se plaindre si on trouve que certaines restrictions sont inadaptées,etc).

On n'obéit pas seulement aux commandements que l'on comprend, que l'on trouve appropriés, etc... La compréhension vient renforcer l'adhésion personnelle, elle n'en est pas une condition nécessaire (bien que Dieu nous demande d'utiliser notre intelligence, tant qu'à faire 😏)(cf ce que je disais dans cet article sur le Bien et le Mal) 
Donc : on obéit à Dieu, sans discuter (et que ça saute), par la voix de l'Eglise. On cherche à éclairer notre conscience, pour comprendre le bien-fondé des exigences.
Pour l'Etat ou autres autorités laïques, c'est plus compliqué, parce que nos dirigeants sont loin d'être des saints 😱). Voyez ici ce qu'en dit le Catéchisme, ou encore la Doctrine Sociale de l'Eglise.
La différence avec l'obéissance des enfants réside dans le fait que les enfants n'ont pas choisi leurs parents (et n'ont pas la possibilité d'en changer) tandis que les adultes peuvent choisir (dans une certaine mesure...) à qui ils sont soumis (si je ne suis pas content de la façon dont mon patron me fait travailler, je peux changer de travail).
Les enfants sont confiés par Dieu à leurs parents, qui leur donne les grâces d'état nécessaires (à qui les demande et sait les faire fructifier).



4. Quelles sont les vertus de la pratique de l'obéissance ?

Cela encourage la formation du caractère et fortifie la volonté : obéir à quelqu'un d'extérieur peut être plus facile que de discerner soi-même où est le Bien, quand la conscience n'est pas encore entièrement formée.
L'obéissance est donc ici comme un tuteur que l'on donne à l'enfant [ou que l'on se donne à soi-même] pour qu'il "pousse droit". L'obéissance vient donc suppléer à cette faiblesse de caractère (ils sont encore "en construction"). Le but de cela étant l'auto-discipline.

Dans la pédagogie Montessori, il faut "obéir" au matériel : il y a des règles bien précises pour le manipuler.

Cela encourage également la vertu d'humilité : je reconnais que je ne suis pas la source du Bien et du Mal. Obéir à la loi divine nous fait renoncer à nous-même, à nos pulsions (cf supra).
Pour Edith Stein, la vertu d'obéissance est un chemin de liberté car « par la liberté, les enfants de Dieu entendent [...] suivre sans entrave l'Esprit de Dieu ». Elle ajoute que « la raison et la volonté poussent l'homme à être son propre maître », abusant et asservissant l'homme par ses désirs naturels. Ainsi pour elle « il n'y a pas de meilleur chemin, pour se libérer de cet esclavage et de s'ouvrir à la direction de l'Esprit-Saint, que la voie de la sainte obéissance ». Edith rappelle même une citation de Goethe : « C'est obéissant que j'ai senti mon âme la plus libre ». Ainsi, pour elle, « Dans la véritable obéissance [...] ce qui importe, c'est de renoncer à sa volonté propre » pour se mettre à l'écoute de la volonté de Dieu.

5. Concrètement, comment faire ?

Voici quelques pistes de réflexion, non exhaustives :

* L'obéissance repose sur la confiance et l'amour : je crois que Dieu veut mon Bien / je crois que mes parents veulent mon Bien - et qu'ils sont garants du bien commun du foyer.

La confiance sera nourrie par les explications données sur les raisons de telle ou telle demande (l'enfant peut ainsi constater que telle exigence a été demandé pour son Bien).
La formation de la conscience morale (le Bien et le Mal) est aussi renforcée par les explications.

Si "l'éducation positive" peut aider à une meilleure compréhension de la psychologie enfantine (et des relations humaines en général !) et peut ainsi contribuer à créer un climat de confiance et d'écoute au foyer, je ne pense pas qu'il faille systématiquement chercher la coopération de l'enfant, attendre qu'il ait compris, discuté, accepté,...  les raisons de notre demande. Les enfants obéissent à leurs parents parce que c'est ce que Dieu leur demande.

Le devoir des parents est d'entraîner leurs enfants à l'obéissance, en vue de la sainteté... et pas de les dresser.

Donc il me semble important de bien réfléchir aux moments où nous exigerons d'eux l'obéissance, aux actes qui demandent une obéissance, à la façon dont nous le formulons.

Aux moments difficiles, posons-nous la question : est-ce que cette demande va aider mon enfant à grandir en Dieu ? Est-elle tournée vers son bien et celui du foyer ?



Pour reprendre l'image du tuteur, il faut trouver un juste équilibre entre un cadre qui soutient et une cage qui enferme. Un tuteur trop serré blesse l'arbre... un cadre trop rigide blesse l'âme.
Cela dépendra de chaque enfant, il n'y a pas de règles générales, même au sein d'une même famille. Pour certains enfants, l'obéissance sera facile et assez naturelle ; pour d'autres, elle relèvera plus du combat (spirituel ! pas du rapport de force parent/enfant) : ne baissons pas les bras mais ajustons nos demandes pour aider nos enfants à grandir.

Comment obtenir l'obéissance chez nos enfants ?
Il n'est pas possible d'obliger un enfant à obéir (cf la définition : c'est une adhésion libre)... Nous sommes toujours devant une alternative : choisir le Bien ou le Mal.

Dès que c'est possible, laissons l'enfant subir les conséquences naturelles de son choix, sans en rajouter ("ah ben tu vois, je te l'avais bien dit") : il comprendra vite que nos demandes sont motivées par son Bien !

Mais ce n'est pas toujours possible (je ne vais pas attendre qu'il se fasse renverser par une voiture pour qu'il comprenne que c'est dangereux de traverser imprudemment... ; ou certains actions ont des conséquences néfastes, mais à long terme... et les enfants vivent dans l'instant présent ; ou les conséquences retentissent sur d'autres qu'eux), c'est là où nous imposerons une conséquence "logique", dont l'enfant sera informé auparavant.

Ainsi, avant de formuler une demande auprès de notre enfant, posons-nous les questions :
- s'il refuse, est-ce que j'accepte simplement ce refus ou est-ce un point sur lequel j'attends de lui obéissance ?
- si je décide de poursuivre, quelle sera la conséquence de son refus ? Quelle sera l'alternative à lui proposer ?

La volonté, ça s'exerce !
C'est un art délicat que de laisser à l'enfant un juste espace de liberté, adapté à son âge, à sa maturité et à son caractère, qui lui permet d'exercer un choix dans un cadre, de comprendre que "choisir, c'est renoncer", que ses choix ont des conséquences bonnes ou mauvaises.

Résumé - conclusion 

(oui, enfin 😀)


- Obéir, ce n'est donc pas agir bêtement, comme un chien bien dressé, c'est choisir librement de suivre Dieu et ses commandements, parce que nous croyons qu'Il est le Bien. 
Donc, si quelqu'un nous demande de faire quelque chose de Mal, nous ne sommes pas tenus d'obéir ! La loi divine est supérieure et inaliénable. 

- En cela, nous nous mettons à la suite du Seigneur Jésus, qui a librement obéi à son divin Père en mourant sur la croix ("Ma vie, nul ne la prend, c'est moi qui la donne"). Chaque jour de notre vie, nous avons à réaffirmer ce choix de Dieu. 

- Demander l'obéissance à ses enfants, ce n'est pas un moyen pour se simplifier la vie, mais leur indiquer le chemin de la sainteté

- Nous aussi, en tant qu'adultes, nous devons obéir (et pas seulement pour montrer l'exemple à nos enfants, mais parce que c'est le chemin vers Dieu). 

- Obéir nous permet de fortifier notre volonté pour tendre vers l'auto-discipline et de pratiquer l'humilité, en reconnaissant que Dieu nous indique le Bien et le Mal. 

Les enfants obéissent à leurs parents, parce qu'ils leur ont été confiés par Dieu, en vue de les amener à la sainteté et de leur donner les bases pour pouvoir continuer ce chemin quand ils seront adultes. 
Les parents s'efforcent d'ordonner leurs exigences au bien de l'enfant et du foyer, de les exprimer avec amour et patience, de les adapter (dans le fond et la forme) à la personnalité de chaque enfant. 

Les adultes obéissent à Dieu, à l'Eglise et aux autorités laïques (tant que leurs prescriptions ne vont pas contre la loi divine - je ne dis pas tant qu'on trouve que leurs prescriptions sont bien fondées !). 
Ils s'efforcent également de cultiver l'auto-discipline (difficile de demander à ses enfants des choses que nous ne faisons pas nous-même... (pour vous donner un exemple personnel, je suis mieux placée pour demander à mes enfants d'aller s'habiller directement après le petit-déjeuner pour commencer l'instruction à l'heure prévue, si je ne traîne pas sur l'ordinateur à ce moment...  Faut être cohérent, ma bonne dame ! 😇)

Et quand les parents se trompent ? 
Nous ne sommes pas parfaits et nous demandons parfois à nos enfants des choses qui ne leur sont pas adaptées. Ayons l'humilité de le reconnaître, de leur demander pardon si nous avons mal agi ; sachons également écouter leurs protestations et les prendre en compte, mais cela n'enlève rien au devoir d'obéissance des enfants (tant que les demandes ne sont pas mauvaises). Ce n'est pas parce que les parents pourraient se tromper en émettant telle exigence que les enfants doivent les discuter à tout bout de champ... 
(et il en va de même pour les adultes, vis à vis de leurs supérieurs, cf cet article intéressant).


L'obéissance est donc bien un consentement accordé une fois pour toutes , 
à la seule réserve de la moralité des ordres , 
à celui ou celle qui a autorité en vertu de l'ordre naturel ( les parents ) 
ou de l'organisation de la vie sociale
 (Père Y. Bonnet)





J'attends vos commentaires avec impatience, ils me font progresser dans ma réflexion et enrichissent sûrement celles des autres lecteurs ! 

mercredi 7 juin 2017

Compte-rendu d'inspection

Comme promis sur facebook, voici la façon dont s'est déroulée notre inspection : BIEN !

La date du rendez-vous avait été fixée au téléphone, j'avais pu ainsi choisir un moment où je pouvais facilement faire garder Pervenche et Serpolet, cela été appréciable. Au final, j'ai été prévenue plus d'un mois à l'avance (peut-être même deux, j'ai oublié la date exacte !).

Cela m'a permis d'envoyer quinze jours avant la date prévue une courte présentation de l'instruction d'Amaryllis. J'y ai rapidement évoqué notre famille, j'ai présenté l'organisation des moments d'instruction et listé les différents manuels et méthodes utilisés. 
J'ai été attentive, en rédigeant ce document, à ne pas donner d'indications sur les compétences d'Amaryllis (par exemple, je n'ai pas dit "elle sait faire des additions à 4 chiffres", mais mentionné qu'elle s'entraînait chaque jour à calculer).
Je pense que ce document a été apprécié, l'IEN m'a dit l'avoir lu (et vu ses commentaires, c'était vrai !). Cela permet de montrer en amont notre souhait de coopération et que nous avons sérieusement réfléchi à l'instruction de nos enfants. 
Ce document faisait trois pages et m'a demandé, approximativement, deux heures de rédaction (incluses la relecture après commentaires de mon mari). Pour une année d'IEF, c'est très raisonnable. En commençant à l'écrire, j'avais déjà tout en tête, cela ne m'a demandé qu'un effort de rédaction et d'explications (je me comprends moi-même mais les autres ne sont pas dans ma tête 😃  ).
J'avais expliqué à Amaryllis la raison de cette visite : on vient contrôler qu'elle apprend bien tout ce qui est important pour un enfant de savoir. Comme l'avait dit Cindy, c'est moi (le parent-instructeur) qui est contrôlé, pas l'enfant.

Le matin du jour J, j'avais bien rappelé à Amaryllis qu'elle allait sûrement avoir des petits exercices à faire, qu'elle ne devait pas hésiter à demander plus d'explications si elle ne comprenait pas bien, que ce n'est pas grave de ne pas savoir quelque chose, mais qu'elle devait montrer qu'elle faisait des efforts !

A leur arrivée, nous nous sommes installés dans le séjour, Amaryllis et la conseillère sur la table de salle à manger et l'IEN et moi dans la partie "salon" : nous pouvions donc ainsi être discuter sans gêner Amaryllis, tout en restant dans la même pièce. 

J'ai beaucoup apprécié les paroles de l'IEN, qui, dès le départ, m'a rappelé que ce n'était pas l'école qui était obligatoire, mais l'instruction et que ce contrôle visait à vérifier que chaque enfant reçoive l'instruction nécessaire. Elle m'a proposé de lire le rapport  à fur et à mesure qu'elle le complétait.

J'ai montré les différents cahiers et manuels, elle a pris quelques notes et je lui ai rapidement montré le matériel Montessori.
Elle m'a donné quelques conseils pertinents : lui faire faire plus d'exercices de compréhension de textes et de problèmes. Ca tombe bien, c'est ce que j'avais prévu pour l'an prochain.
(bon, elle m'a aussi recommandé de faire la grammaire/orthographe/conjugaison à partir de textes plutôt que d'exercices "mécaniques", mais pour cela, je vais m'en tenir à ma bonne vieille méthode ;-) ). 

A la fin de la discussion, l'IEN a demandé son avis à la conseillère sur les travaux d'Amaryllis, tout était bien :-) . J'ai pu feuilleter les exercices réalisés (j'ai d'ailleurs gardé le dossier), qui m'ont paru tout à fait adaptés à son âge et à ses compétences. 

D'ailleurs, ma principale (seule !) inquiétude concernant cette inspection tenait plus à l'attitude d'Amaryllis qu'aux fameux "tests" : je sais qu'elle a globalement un bon niveau par rapport à son âge... mais elle a parfois des réactions imprévisibles et je craignais un peu qu'elle ne se cache sous la table pendant tout l'entretien 😔). 
J'avais donc essayé de préparer le terrain, en lui expliquant les enjeux, mais sans l'inquiéter ou la stresser.
Il y a eu quelques minutes de flottement, mais la conseillère a très bien agi : après avoir tenté de poser quelques questions pour entrer en contact, elle a ensuite enchaîné sur le premier exercice (écoute d'un texte (Pierre et le Loup) et questions) comme si de rien n'était. Je me suis très rapidement éloignée avec l'IEN, cela a contribué également à faire descendre la pression sur Amaryllis. 

Cela a duré 45 minutes, plus rapide que ce à quoi je m'attendais.

Donc un bilan positif (pour moi, pour Amaryllis et pour l'IEN) !
Une attitude très ouverte vis à vis de l'IEF pour l'IEN, qui était à l'écoute de mes méthodes sans chercher à me faire faire tout comme à l'école, une conseillère qui a su apprivoiser Amaryllis : que demander de mieux 😊.

J'espère qu'ils vont rester dans notre secteur, car je réalise que j'ai de la chance à cet égard ! 

lundi 15 mai 2017

Le livre du mois#3 : Une année, mon bel imagier

Voici pour l'épisode #3 de la série "le livre du mois", une belle découverte pour les petits (testé et approuvé par Serpolet !)

Je vous présente donc :





par Sophie Adde


Un très beau livre cartonné avec de superbes illustrations naturalistes en peinture. 



Chaque saison est introduite par une double page, suivie de plusieurs fleurs, animaux, aliments qui lui sont liés.

J'aime : l'écriture cursive (cela aurait été parfait sans le déterminant !) et les couleurs harmonieuses. 

Les petits détails #zérodéchet : observez attentivement les supports des peintures !



Format 20x20, ni trop grand, ni trop petit.
Mon seul regret : il est lourd... et donc difficile à manipuler pour des petites mains. Peut-être aurait-il été judicieux de le séparer en quatre saisons ?

mercredi 10 mai 2017

Avril

En avril, ne perds pas le fil de tes idées... ou tu seras débordée 😂

Voici - avec un peu de retard - notre bilan d'avril.

Le plus important, les cinq ans de Pervenche !



Serpolet se passionne pour la pâte à modeler : couper des boudins, découper des formes, malaxer, ... cela l'occupe de longues heures. Vous ne serez pas surpris si je vous dis qu'il ne parle toujours pas, mais se fait très bien comprendre. Son poste d'observation du jardin est cette petite fenêtre dans l'escalier : il guette les chats !




Pervenche lit de mieux en mieux, à sa grande joie. Nous lisons ensemble des petits livres, je complète les mots qu'elle ne sait pas encore déchiffrer. Elle est motivée de voir qu'elle sait lire "des vrais livres". Elle arrive à la fin des dictées muettes (telles que je les utilise, pas les 50 dictées Lubienska). Prochaine étape, les phonèmes avec les pochettes bleues. 
En calcul, le serpent positif avec change est acquis (il faudrait que je révise le serpent négatif), elle s'est pris de passion pour le tableau de cent (travail de longue haleine, à raison de cinq ou six pièces ajoutées chaque jour). 
L'apprentissage de l'heure est en très bonne voie !



Amaryllis lit désormais avec plaisir, si ce n'est fréquemment (puisque Pervenche ne lit pas encore couramment, elle est plus tentée d'aller jouer aux légos ou dans le jardin avec sa soeur que de prendre son livre... sauf au moment de mettre le couvert ou d'aller se coucher, bizarrement 😏). 
La nouveauté du mois a été l'introduction du dictionnaire (1 mot à chercher par jour) : grand succès ! 
Je lui propose également des jeux de logique tirés de la méthode Lyons, cela lui plaît beaucoup.




Nous avons tous retrouvé avec grand plaisir les longues heures passées dans le jardin, nos semis sont en bonne voie (youpi, DEUX plants de  courgettes ont poussé ! mais je vais me résigner à acheter des plants de tomates cerises, les nôtres sont encore minuscules et risqueraient de fructifier en plein mois de novembre, à ce rythme). Les framboises promettent une récolte généreuse et sont attendues avec impatience !

mardi 9 mai 2017

IEF : contrat et organisation quotidienne

Je conçois l'IEF comme un contrat entre l'enfant et ses parents. Car, si le mode d'instruction est décidé, en dernier recours, par les parents, il me semble difficile de continuer l'IEF avec un enfant qui n'est pas un minimum coopératif...
Cela concerne bien sûr un enfant en âge de comprendre cet engagement et la nécessité de s'instruire, donc vers 4 ou 5 ans.

Donc pour que tout cela se passe bien chez nous, voici la discussion que nous avons eu avec Amaryllis, avec écriture commune d'un contrat, sur le mode de la "résolution de problèmes" inspirée de Jane Nelsen (merci Gwen pour la suggestion !). 

Premier principe philosophique : TOUS les enfants s'instruisent.

Dès le début de la discussion, Amaryllis a remis en cause ce principe... : Non, moi je ne veux pas travailler !!
Ça commençait bien ! Grande respiration et ...

"Que penserais-tu d'une maman ou d'un papa qui ne sait pas lire ? Elle ne pourrait pas raconter d'histoires à ses enfants, ou lire les panneaux pour savoir ou aller sur la route- ... qui ne sait pas compter ? on ne pourrait pas acheter la nourriture au marché"
Et si moi, maman, je ne faisais pas mon travail, qu'est-ce qui se passerait ?
On n'aurait rien à manger, pas d'habits propres, ...Et si papa n'allait pas travailler ?
On n'aurait pas d'argent pour acheter à manger, aller au cours de danse, ...
Si tu arrêtais de manger ?
... je vais mourir de faim.Eh bien, quand tu refuses d'apprendre, c'est ton cerveau qui meurt de faim. C'est essentiel pour grandir. 
Donc tout le monde travaille. Le travail des enfants, c'est de s'instruire pour pouvoir être un bon adulte plus tard.
Et la responsabilité des parents, c'est de veiller à ce que leurs enfants apprennent ce qui est important.


Deuxième étape : le choix de l'IEF.
Amaryllis et Pervenche ont, à ce stade, émis le souhait de continuer l'IEF (ça tombait bien 😁...). 
Amaryllis a commencé par dire qu'elle voulait aller à l'école, mais après discussion, elle s'est avérée qu'elle aimerait voir ses amies plus souvent... donc résolution prise de les inviter régulièrement. 
Dans l'IEF tel que nous le concevons, il y a une partie de formel, d'apprentissages dirigés et décidés par l'adulte (moi !).
Donc : "Amaryllis choisit de travailler avec Maman. Maman sait les choses importantes à apprendre".

Ca, ce sont les devoirs de l'enfant.
Ses droits, mes devoirs en tant que parent instructeur, c'est de leur assurer une instruction compatible avec leur mode de fonctionnement, leurs difficultés, ce qui leur attire, ... De les instruire de façon entièrement personnalisée (et souple, aussi souvent revue que nécessaire). 

Troisième étape : et concrètement ?

Le reste de la discussion était plutôt sur le mode pratique, horaire et organisation du travail.

Voici quelques questions que je lui ai posées :
  • Comment faire pour que le temps d'instruction se passe bien ? 
  • Qu'est-ce qui est important pour toi ?
  • Comment puis-je t'aider à te remettre au travail quand je sens la dissipation arriver ?
  • De quoi as-tu besoin pour être bien installée ? 
Et tant que nous y étions, toute l'organisation de la journée y est passée !



Alors, efficace ?

Le premier jour, Amaryllis a recommencé sa crise : 
"je ne veux pas travailler.
- Mais siiiiiii regarde, on en a parlé, voici ce que nous avions convenu.
- Non. Non !!
.... alors là, je me suis énervée, j'ai pris le contrat, j'ai déchiré et tout mis à la poubelle : "bon, puisque ça ne sert à rien, je jette le papier". 
Amaryllis en a été tellement surprise qu'elle a cessé ses revendications... (et j'ai du ré-écrire le contrat, mot par mot 😆)


Les contrats sont affichés au-dessus de leurs bureaux. Ils ont été lus et relus les premières semaines, un peu moins maintenant (nous nous y référons de temps en temps, Amaryllis ayant l'art de chercher la faille... "Non, je mets mes affaires dans la machine si vous me le demandez ! Regarde-bien, c'est écrit "si A oublie, Maman lui demande de le faire" 👿 )




Les contrats voisinent avec le "contrat IEF quotidien" : la liste des activités à accomplir chaque jour.

Au début de l'année (septembre), Amaryllis pouvait choisir librement l'ordre des étiquettes, après la lecture. 
Petit à petit, la routine quotidienne s'est enrichie (je rajoute une activité par mois... belle progression !!


A ce stade (jusqu'en mars), Amaryllis pouvait choisir entièrement l'ordre des activités, étant entendu que tout devait être terminé à 15h et que la poésie était après la dictée (puisque la dictée lui fait réciter les mots de la poésie appris la veille...) 

En avril, suite à divers conseils et réflexions, nous avons introduit des courtes pauses (10 minutes toutes les demi-heures travaillées). Tout devait être fini à 15h30.... étant entendu que le matin, je suis avec elles dans la salle d'activités, mais que l'après-midi, elles doivent être autonomes (je range la cuisine, prépare le dîner, etc). 

Premier écueil : 
Amaryllis avait tendance à repousser ce qui lui pèse ... voir à commencer par les 3 pauses enchaînées 😅 ... ! Et je me retrouvais souvent avec le travail dirigé à lui faire faire l'après-midi, ce qui m'agaçait un peu...
Il me fallait également caser le temps de travail avec Pervenche.

Voici donc ce à quoi nous avons abouti : 
(étiquette = travail dirigé ; travail minuté = en autonomie)


Amaryllis

Pervenche (étagères marrons = sensoriel Montessori !)
le "calcul" varie : en ce moment, elle doit faire dans la semaine :
le tableau de cent, les chaînes courtes, une addition et une soustraction dans le cahier, le serpent de l'addition
Les fiches des filles sont glissées dans des pochettes plastiques, pour pouvoir être cochées à fur et à mesure. 

J'ai l'impression de revoir l'organisation chaque mois... vais-je arriver à quelque chose de stable ?!
Pour l'instant, j'ai abandonné la narration du matin, nous (elles) n'arrivons pas à commencer suffisamment tôt... 

Objectifs du mois : la réintroduire, et faire également des activités "éveil des sens" (relaxation, jeu de Kim, jeu du goût, etc)

vendredi 28 avril 2017

Pour une éducation chrétienne : le bien et le mal

Réflexion critique au sujet de "l'éducation bienveillante", 
à la lumière de ma vision de l'éducation chrétienne


Après avoir discuté de la question du bonheur, voici maintenant celle de la morale, de l'apprentissage du discernement du Bien et du Mal... et du péché.

Attention, je veux simplement ici partager cette réflexion avec vous... et certainement pas me citer en exemple parfait :-)

Péché, mot peu à la mode, mais qui ne peut être absent d'une éducation chrétienne, non pas pour faire peur ou pour accabler les enfants (et les adultes...) mais pour une liberté vraie.


Il s'agit bien là de condamner les actes et pas les personnes (il n'y a pas de mauvaises personnes, mais il y a des actes mauvais).

On parle souvent de l'âge de raison, on dit parfois que l'enfant avant 6 ou 7 ans n'a pas conscience du Bien et du Mal. Mais sans attendre que l'enfant en ait pleinement conscience, il n'est pas nécessaire d'attendre aussi tard pour parler de cela. Dès 3 ou 4 ans, selon la maturité de chacun, un enfant peut commencer à comprendre, à son niveau, qu'il s'est laissé entraîner... et donc se confesser (les bonnes habitudes se prennent tôt).


1) Un petit enfant peut-il pécher, être attiré par le mal ? 

L'ENV semble dire qu'un enfant écouté, materné, choyé, aimé, sera forcément bon, heureux, épanoui, ... sauf que non, son âme, son cœur, son corps aussi, sont blessés, parce ce que l'on appelle le péché originel.

Un peu de doctrine : qu'est-ce que le péché originel ?
(387) La réalité du péché, et plus particulièrement du péché des origines, ne s’éclaire qu’à la lumière de la Révélation divine. Sans la connaissance qu’elle nous donne de Dieu on ne peut clairement reconnaître le péché, et on est tenté de l’expliquer uniquement comme un défaut de croissance, comme une faiblesse psychologique, une erreur, la conséquence nécessaire d’une structure sociale inadéquate, etc. C’est seulement dans la connaissance du dessein de Dieu sur l’homme que l’on comprend que le péché est un abus de la liberté que Dieu donne aux personnes créées pour qu’elles puissent l’aimer et s’aimer mutuellement.
(c'est moi qui souligne)
Ça vous rappelle quelque chose ? 😄 Un enfant qui agit mal n'est pas seulement un enfant mal écouté / qui cherche à attirer l'attention / ... mais c'est un enfant dont l'âme est blessée, dès la conception, et donc tentée par le mal.

Alors bien sûr, il est illusoire (et faux !) de vouloir séparer le spirituel de l'humain, car le péché prend racine dans nos faiblesses... Mais la faiblesse n'explique pas tout. Le tentateur vient nous séduire par là où nous sommes faibles, mais nous sommes libres de résister, avec la grâce divine.

Dans la littérature "ENV", on lit beaucoup, beaucoup, beaucoup... autour de l'immaturité affective, psychologique, etc des enfants, qui entraînent ces difficultés de comportement, mais jamais (enfin, je n'ai jamais lu cela... indiquez moi si je me trompe !) de nommer le Bien et le Mal.
Un enfant qui se met en colère, c'est un enfant qui n'arrive pas bien à exprimer ce qu'il ressent, mais il est essentiel de dire aussi que c'est mal.

Cela dit, il me semble illusoire et même néfaste d'indiquer à un enfant ses défauts et à l'inciter à les corriger sans essayer d'apaiser en parallèle les blessures et faiblesses psychologiques qui peuvent être des failles par lesquelles ils sont tentés.
C'est là où la discipline positive peut avoir un regard intéressant, pour éclairer la psychologie de l'enfant, donner des conseils de communication efficace, faire en sorte de "parler le langage d'amour" de son enfant, ...




2) Qu'est-ce qui est le Bien ?
(396) Dieu a créé l’homme à son image et l’a constitué dans son amitié. Créature spirituelle, l’homme ne peut vivre cette amitié que sur le mode de la libre soumission à Dieu. C’est ce qu’exprime la défense faite à l’homme de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, " car du jour où tu en mangeras, tu mourras " (Gn 2, 17). " L’arbre de la connaissance du bien et du mal " (Gn 2, 17) évoque symboliquement la limite infranchissable que l’homme, en tant que créature, doit librement reconnaître et respecter avec confiance. L’homme dépend du Créateur, il est soumis aux lois de la création et aux normes morales qui règlent l’usage de la liberté.
La faute originelle d'Adam et Eve, c'est d'avoir voulu vivre sans l'Amour divin, de s'être donné à eux-même leur propre loi, sans obéir à son commandement d'amour (c'est le sens de l'arbre de la connaissance du bien et du mal).
Quand on se reconnaît créature, qu'on reconnaît Dieu comme la source de la Vie, on comprend que la liberté n'est pas de pouvoir choisir tout ce que l'on veut, mais de choisir le Bien (si je choisis de manger toute la plaquette de chocolat [de rouler trop vite sur la route, de ...], je n'exerce pas ma liberté, je suis esclave de mes passions).
On dit souvent que "ma liberté s'arrête là où celle des autres commence", c'est vrai, mais c'est partiel. 

Cela entraîne un devoir chrétien d'éducation de la conscience et de la formation du jugement. Par moi-même, je ne peux pas percevoir complètement où sont le Bien et le Mal, c'est Dieu (par l'Eglise) qui m'indique la loi. La bonne intention n'est pas garante d'un acte véritablement Bon. Le relativisme nous guette à tous les tournants de la vie.

Donc ce n'est pas parce que l'enfant "voulait bien faire" qu'il ne faudrait rien corriger de son acte (cf les élucubrations récentes au sujet de l'enseignement nouveau de la grammaire... "Il faud" est justifiable parce qu'on dit "il faudrait").

La conscience morale est donc un merveilleux don de Dieu, mais ce n’est pas elle qui décide de ce qui est bien ou mal. Elle a donc besoin d’être formée à la Vérité qui rend libre. Faire du libre arbitre un absolu et de la conscience humaine le fondement de la vie morale est à l’origine des graves désordres de notre société contemporaine. (Père Y. Bonnet)

On parle donc du péché, non pas pour faire peur mais pour faire comprendre qu'une action mauvaise l'est par essence et pas (seulement) parce que l'autre se sent mal après (voler un riche, c'est mal ! ) (même s'il est bien sûr important de montrer les conséquences négatives d'un acte mauvais ! mais même si elles sont cachées ou néfastes à long terme, elles sont toujours présentes).

Conclusion

Oui, c'est vrai, les enfants sont encore en tout début de construction et il ne s'agit pas de les faire culpabiliser, des les accabler de reproches, mais de montrer la faute... et qu'elle peut être effacée par le pardon demandé et reçu.



Une fois le calme revenu, par exemple lors de la prière du soir, on peut proposer à l'enfant de faire un bref examen de conscience : qu'ai-je fait de mal ? ai-je toujours fait le bien que j'aurais pu faire (péché par omission) ? tout en gardant une juste mesure, selon l'âge et la maturité de l'enfant.

Et il est essentiel que l'enfant expérimente la joie du pardon demandé et reçu, envers les autres et envers Dieu.
(petite parabole : quand je fais un péché, je coupe la corde qui me relie à Dieu.  Quand je me confesse et que je suis pardonné, Dieu fait un nœud à la corde : le lien est rétabli... et je suis plus proche de Dieu).

"Heureuse faute qui nous valût un tel Rédempteur" !


Je vous renvoie à l'article complet du Catéchisme de l'Eglise Catholique pour en savoir plus.