mardi 9 avril 2013

Les blocs de cylindres

Profitant du réaménagement de notre "salle d'activités", j'ai présenté à Amaryllis les blocs de cylindre.


Ayant un budget limité, j'ai choisi les deux encastrements Wesco, qui correspondent au premier et au second blocs des cylindres. 

      - le premier : la hauteur est constant, et le diamètre décroît régulièrement
      - le second : le diamètre est constant, et la hauteur décroît régulièrement.
Nous n'avons donc pas le bloc où le diamètre et la hauteur décroissent en même temps.
Je ne vois pas trop l'intérêt du quatrième bloc (diamètre et hauteur varient en sens inverse) ... ? On n'apprend pas de vocabulaire... d'ailleurs ils ont été ajoutés par la suite. Qu'en pensez-vous ? 

Leçon en 3 temps : quand l'enfant sait manipuler ces encastrements, on apprend le vocabulaire : 
      1) gros / mince ;     2) haut / bas ;     3) grand / petit
Commencer par prendre les 2 extrêmes, pour que l'enfant puisse bien voir la différence. On les pose côte à côte, pour comparer les hauteurs, et on fait se toucher les bases pour comparer les diamètres.
On peut ensuite proposer 2/3/4 blocs en même temps.

Il me semble que c'est un des premiers matériels de Vie Sensorielle qu'on peut présenter : l'auto-correction est facile (mécanique et pas seulement visuelle) : si on se trompe de cylindre, il en restera un à la fin qui ne rentre pas. 
A propos des cylindres Wesco : je trouve que c'est un bon rapport qualité/prix. Voici les inconvénients que j'y vois : 
      - pour le bloc 2, l'auto-correction n'est pas aussi évidente : les blocs correctement mis doivent former une ligne horizontale. Je pense à utiliser un réglet pour lui faire prendre conscience de cela, pour se corriger plus facilement. Pour le bloc 1, pas de souci.
      - le socle assez fin ne maintient pas vraiment les cylindres, donc ce n'est pas facile à transporter pour les petits, l'ensemble étant assez lourd (en même temps c'est un bon exercice !).
      - il n'y a pas le bouton de préhension qui permet de travailler "la pince" - mais on peut s'y exercer par ailleurs.

Faire et refaire

Pour compléter ce que j'écrivais ici concernant la répétition, voici ce qu'en dit Maria Montessori dans La pédagogie scientifique.

C'est dans la répétition et non dans l'action d'apprendre que consiste l'exercice qui développe la vie. 
L'éducation des sens est contenue toute entière dans la répétition des exercices. Le but de ceux-ci ne consiste donc pas à faire connaître à l'enfant les qualités des objets, mais à perfectionner ses sens dans un exercice d'attention, de comparaison, de jugement.

Ainsi les exercices de vie pratique permettent à l'enfant de développer sa concentration, sa volonté, d'affiner ses mouvements, ...

En général, l'enfant n'est pas compris, car l'adulte le juge à sa propre mesure : il croit que l'enfant se propose un but extérieur (...) tandis que chez l'enfant, au contraire, prédomine le but inconscient de se développer lui-même. 
Un enfant qui demande "aide-moi à faire seul" ne cherche pas tellement à s'habiller/manger/être propre ; pour lui c'est l'action en elle-même qui est importante. J'ai repensé à ce passage en regardant Amaryllis manger son kiwi "comme maman dans la peau"... elle y a passé un temps assez long, mais il était bien gratté. Jusque là, je l'épluchais moi-même, mais elle a appris spontanément en me regardant faire... et elle était contente de l'avoir fait ! 

Souvent, nous accusons l'enfant de lenteur, uniquement parce que nous n'avons pas la patience d'attendre la fin de ses actes, qui obéissent à des lois du temps différentes des nôtres.
C'est une des choses qui me plaît dans l'IEF/la non-sco : on peut prendre tout le temps dont l'enfant a besoin : le temps de dormir, de s'habiller seul, de prendre les repas calmement.... j'apprécie !

lundi 8 avril 2013

"La civilisation ne progresse que sur les voies de l'obéissance"

dixit Mari Montessori, dans La pédagogie scientifque", chapitre intitulé "La Discipline"...!


C'est un peu provoquant de choisir cela comme titre, d'autant plus que cette idée semble aller à l'encontre de la mentalité ambiante ; elle peut paraître même contradictoire avec le principe "montessorien" de libre choix des exercices. Et pourtant, beaucoup de parents (en tous cas, c'est notre cas...) reprochent à leurs enfants de ne pas obéir... J'ai donc été très intéressée par ce chapitre : voici un résumé avec quelques extraits !

  • Les premières notions de discipline sont données par le travail : il perfectionne intérieurement l'enfant ; mais l'enfant qui s'est perfectionné travaille mieux, de sorte qu'il continue à se perfectionner intérieurement. La discipline n'est pas un fait, mais une voie, un chemin.
  • Souvent, nous croyons que, pour obtenir de l'enfant un acte volontaire, il suffit de le lui commander, et nous appelons cela "l'obéissance de l'enfant". Cette obéissance se manifeste plus tard comme un instinct chez l'homme : la civilisation ne progresse que sur les voies de l'obéissance. Il est donc naturel qu'aimant un enfant, nous lui indiquions l'obéissance comme "voie de la vie", et on comprend l'inquiétude que nous éprouvons à nous heurter contre la désobéissance caractéristique des enfants".
  • Pour obéir, il ne faut pas seulement vouloir obéir, mais aussi savoir obéir. L'obéissance comporte donc une formation de la volonté et une formation intellectuelle : quand un enfant répète un exercice, il exerce sa volonté.
M. Montessori parle également des enfants qui bougent sans cesse... Amaryllis est de ces enfants qui semblent "montés sur ressorts", toujours en mouvement (et des mouvements qui paraissent un peu désordonnés !), j'ai donc été bien rassurée par ces explications :

L'indiscipline du petit enfant est fondamentalement musculaire : l'enfant porte en lui une tendance latente à chercher la coordination des mouvements. Il faut donc enseigner à l'enfant les différents degrés de l'immobilité qui conduisent au silence. L'enfant discipliné répond à la nature parce qu'il bouge, seulement, puisque ses mouvements tendent à un but, ils n'ont plus l'aspect du désordre, mais celui du travail.
Le repos des muscles qui, par la nature, sont destinés à se mouvoir, se trouve dans le mouvement ordonné, pas dans l'immobilité. 

Ouf ! je me demandais bien comment j'allais pouvoir faire tenir tranquillement Amaryllis sur une chaise.... mais en fait cela ne sera pas nécessaire. Les exercices de la méthode Montessori devraient l'aider à acquérir une auto-discipline.

Discipliner véritablement l'homme ne se fait pas par la parole, mais par l'exemple. Beau programme, qui nous incite, en tant que parents, à exercer aussi notre volonté, à nous discipliner ! Nous devons, avec patience, apprendre à nos enfants à obéir, c'est la condition d'une vraie liberté intérieure.

Maintenant il ne me reste plus qu'à mettre tout cela en pratique.... ! ;-)

PS : c'est aussi cela qui me plaît chez Montessori : ce n'est pas seulement une méthode d'instruction, mais aussi un guide pour l'éducation.

dimanche 7 avril 2013

Pic et pic et....

Une activité pour développer la motricité fine : mettre des cure-dents dans un pot d'épices de cannelle. 


Cela prépare bien à l'écriture : pas évident d'attraper une seule pique, et de le mettre dans les petits trous (juste le bon diamètre !)

J'avais préparé une douzaine de cure-dents, mais elle a voulu mettre toute la boite ! 

Amaryllis met ici spontanément les cure-dents avec la main gauche... alors qu'elle est (plutôt) droitière ; on propose souvent aux enfants de faire ces activités avec les deux mains. Maria Montessori dit que les enfants sont souvent habiles des 2 mains.

vendredi 5 avril 2013

Pédagogie Scientifique

Toujours en repensant à ma grande question, j'ai emprunté à la bibliothèque les volumes de la "Pédagogie Scientifique" de Maria Montessori.... je trouve ça passionnant !

J'avais déjà lu (une version plus moderne) il y a peut-être 18 mois, mais là j'en profite vraiment plus.

J'en parlerais peut-être ensuite plus en détail, mais déjà ça m'a motivé pour retirer mes activités de "Vie sensorielle", jusqu'à ce que j'ai fini le livre et bien pu apprendre les présentations etc. (je me demande juste où je vais les mettre....) Entretemps j'espère que nous aurons installé les nouvelles étagères.
Pour l'anecdote, il y a des choses surprenantes dans un chapitre sur l'alimentation des enfants : les choses ont bien changées ! Maria Montessori préconise ainsi du "gras et sucré"... Les légumes sont peu recommandés (sauf les épinards, modérément...?!), il vaut mieux préférer "un plat de pommes de terre avec beaucoup de beurre". Les pommes et poires doivent être servis cuits. On considérait aussi que les enfants ne pouvaient pas bien mâcher, donc tout devait être présenté haché ou à en soupe (jusqu'à 5/6 ans). 
(je ne me souviens pas de ce chapitre, il a du être enlevé des éditions postérieures)

Le matériel aussi a évolué : au début il n'y avait pas de barres rouges, seulement les rouges et bleues qui servaient aussi à la Vie Sensorielle ; et en plus de l'escalier marron (section carrée croissante), on utilisait un escalier jaune (section rectangulaire croissant seulement en hauteur, largeur fixe). D'ailleurs je voudrais bien savoir pourquoi il a disparu ?

EDIT après avoir fini le livre
J'ai lu la version de 1970... je me souviens avoir lu une version plus récente, et en comparant mes notes, le livre a été assez modifié (même l'ordre des chapitres).
- le matériel des perles n'y est pas cité (il l'est dans la version récente)
- il y a un court chapitre sur l'ordre de progression du matériel (dont je n'ai pas le souvenir)
- aucune version n'évoque les activités de motricité fine (type versés, tri etc)... je me demande à quel moment ça a été introduit ?
- idem pour le cube du binôme/trinome et la table de Pythagore ?