mardi 30 avril 2013

Petite philosophie du langage ! (et plus si affinités)

En observant Amaryllis ces temps-ci, je suis fascinée par l'importance et la puissance Le ldu langage dans la construction de l'enfant - et pour toute la vie !

Elle se trouve vraiment dans la période sensible du langage ; tout, au quotidien, est prétexte à demander "comment s'appelle ça ?"...  Elle boit son chocolat tiède, le lit est mou, tandis que le sol est dur, ce genre de  petit balai rose se nomme un plumeau ; et si on demande à quelqu'un comment il s'appelle, c'est le prénom
Une fois que j'ai introduit le mot (sans l'article, et avec le minimum de paroles), elle me redemande de nombreuses fois "comment s'appelle ça ?".... je réponds plusieurs fois, en disant le mot seul, et en variant l'intonation. Puis pour clore la leçon (et faire une sorte de vérification), je me trompe exprès : "chocolat ! "... elle me corrige "non, plumeau !". C'est parfois l'occasion d'exercer sa conscience phonologique (activité spontanée, à ce stade je ne suggère pas !) : "kiri.... on entend comme guéri !" 

Je mesure l'importance de la parole juste et claire : dire le mot approprié (j'entends trop souvent Amaryllis parler de "tuc"... comprendre un "truc"... il faut que je me corrige ! ), donner une explication simple mais vraie (possible à tout âge, même si ce n'est pas forcément facile à trouver !)
Amaryllis utilisait souvent "lourd" pour "difficile".... jusqu'à ce que je comprenne : quand elle poussait ma bassine de linge, je lui disais "ah, c'est lourd !"... tandis que son ressenti concernait plutôt la difficulté à pousser, et pas du tout le concept de poids (puisqu'elle ne porte pas). Elle va attendre les tablettes baryques ! 
Pour apprendre la politesse, notamment "s'il vous plait", nous avions l'habitude de dire à une demande  impérieuse du type "encore de l'eau !!" : "je n'ai pas bien entendu ? ou je n'ai pas compris ?". Jusqu'au jour où, n'ayant réellement pas compris le charabia une explication d'Amaryllis, je lui ai demandé - pour qu'elle répète autrement : "je n'ai pas compris ?".... Elle a aussitôt dit "s"il vous plait !" - ce qui ne m'a pas aidé ! 
J'ai réalisé à ce moment que je lui disais quelque chose d'inexact : j'avais très bien compris sa demande, je voulais seulement qu'elle la formule d'une façon plus gentille ! Nous utilisons donc maintenant notre petite phrase : "Les oreilles de mon coeur n'ont pas bien entendu ?". La formulation sonne très enfantine (espérons qu'elle aura vite le réflexe spontanément ! ), mais elle nous parait plus juste.

De même, il nous parait essentiel, fondamental de dire toujours la vérité à l'enfant ; ceci pourrait être développé pendant plusieurs pages ! mais la base pour moi est celle de la confiance : quand je te dis quelque chose, c'est vrai, tu peux compter sur ma parole. Quand l'enfant réalise qu'on a menti (et cela arrivera toujours), quel drame ! et comment par la suite pourra-t-il savoir si c'est la vérité ? C'est - entre autres - pour cela que nous raconterons le Père Noël, la Petite Souris et compagnie comme des contes, et pas comme la réalité ! C'est pour cela que je bondis (intérieurement...) quand j'entends des parents dans la rue dire "tu viens tout de suite, où je te laisse ici !"... Le feraient-ils vraiment ?!
Cela nous oblige, en tant qu'éducateur, à perfectionner notre unité de vie : "fais ce que je dis ET ce que je fais". Les enfants nous regardent et nous imitent en permanence, cherchons à nous améliorer !
C'est ce qui m'a fait réaliser que j'étais contre la fessée (grand débat...!) : avant d'avoir des enfants - et d'y réfléchir, je me disais "ça ne leur fait pas mal, c'est un signe pour bien leur montrer une interdiction".... sauf que comment puis-je interdire à Amaryllis de taper sa sœur qui lui casse ses jeux, si moi-même (et souvent sous le coup de la colère) je donne une fessée (même sans violence) ? D'ailleurs quand je m'énerve et que j'ai "des fourmis dans la main", Amaryllis me rappelle d'un ton rageur "non tu me tapes pas !!". Cela me permet en toute humilité de prendre conscience à quel point la colère et l'envie de taper peut être forte chez un enfant, si même moi, adulte, je la ressens et je dois faire un effort pour la maîtriser.

Et si la parole est d'argent, le silence est d'or : j'essaye petit à petit de faire prendre conscience à Amaryllis de sa valeur, de son importance. On n'écoute pas en continu les CDs de chansons enfantines (sa passion du moment !), on parle doucement, on écoute les oiseaux qui pépient, on fait le calme dans son cœur avant de dormir... J'ai introduit une mini leçon de silence, et elle a bien accroché. Elle découvre également la prière silencieuse. 

Pour conclure, une petite histoire pour apprendre à parler à bon escient : Les trois tamis de Socrate. Ce que je vais dire est-il bon ? vrai ? utile ? (ou marrant - rajoute souvent mon mari ;-) !)

Edit : je voulais également parler de l'importance du langage pour reconnaître et gérer nos émotions et ceux des enfants... j'y reviendrai !

lundi 29 avril 2013

Développement de l'enfant : l'embryon spirituel

Je continue la lecture des ouvrages de Maria Montessori : voici maintenant L'enfant.
Ce livre présente le développement de l'enfant de 0 à 6 ans : ça tombe bien, on est en plein dedans !

Le chapitre sur l'embryon spirituel m'a beaucoup intéressé ; il présente une conception tout à fait nouvelle de l'enfant, qui porte en lui-même son propre plan de croissance, de développement.

L'adulte s'apparut à lui-même comme le modeleur de l'enfant, le constructeur de sa vie psychique : il a fini par se croire le dieu de l'enfant. En fait, l'enfant porte en lui des directives de développement et un plan psychique, il les a en puissance, extrêmement délicats dans leurs tentatives de réalisation ; alors, l'intervention intempestive de l'adulte, volontaire, exalté par son pouvoir, peut contrarier ces plans ou en faire dévier les réalisations occultes. 

L'enfant est comme une âme emprisonnée, obscure, qui cherche à venir à la lumière, et qui va peu à peu animer la chair inerte, l'appelant avec le cri de la volonté. 
L'enfant qui s'incarne est un embryon spirituel qui doit vivre par lui-même dans l'ambiance. Mais aussi bien que l'embryon physique a besoin d'une ambiance spéciale qui est le sein maternel, l'embryon spirituel a besoin d'être protégé dans une ambiance extérieure, réchauffée par l'amour, riche en aliments, où tout l'accueille, où rien ne l'entrave.

D'où quelques points importants de la méthode Montessori : 
- l'ambiance : ordonnée, attirante, esthétique, calme, ....
- l'auto-éducation de l'enfant : libre choix des activités, l'auto-correction, sans l'intervention de l'adulte (ni encouragements, ni correction)
- le travail individuel (par opposition à la leçon collective) : chaque enfant travaille à son rythme

L'enfant porte donc en lui-même son propre potentiel de développement ; et l'ambiance, qui regroupe tout le matériel, lui permet d'absorber et de grandir !
Je trouve que c'est vraiment une position d'éducateur très différente : il s'agit simplement d'être là, d'observer, de proposer à l'enfant le matériel et les activités qui correspondent à ces besoins.

dimanche 28 avril 2013

Les tissus

Dans la progression de Vie sensorielle, voici une activité facile à réaliser : les tissus (ou les étoffes). Elle permet de développer le toucher (sens tactile) ; elle se présente après les tablettes rugueuses.
La boite contient plusieurs paires (6 normalement) de carrés de tissus naturels.

Présentation : Sortir les tissus de la boîte. Les yeux fermés, faire toucher à l'enfant deux étoffes différentes : "est-ce que tu sens pareil ?". On fait ensuite la mise en paires. On peut commencer avec deux ou trois étoffes bien différentes au toucher, et ajouter les autres à fur et à mesure. Le contrôle de l'erreur se fait en ouvrant les yeux : les étoffes sont identiques. 
Quand l'enfant a bien manipulé l'ensemble, on fait la leçon en trois temps avec les noms des tissus.
L'étape suivante (pas facile je trouve !) est de disposer les tissus du plus au moins rugueux. 

Fabrication : cela m'a permis de vider (un tout petit peu) mon stock de chutes de tissus... J'ai découpé des carrés de 12x12 (certains sont plus petits, je les referai quand j'aurai trouvé un morceau plus grand !). 
J'ai directement mélangé tissus naturels et synthétiques, en essayant de choisir des textures bien différentes : polaire, laine, satin de polyester, velours, coton, éponge, lin, Courtelle (à venir : la soie).

Plantations

Quelques nouvelles de nos plantations : les lentilles ont bien poussé... je pense qu'elles ont atteint maintenant leur taille définitive... j'espère avoir des fleurs ! j'ai tenté d'en replanter une partie dans un pot de terre, j'ai plutôt l'impression que ça a stoppé leur croissance ?... à suivre !

Nous avons également planté des pois chiches : le début est assez lent, mais ensuite les plantes rattrapent les lentilles en hauteur !

Ces plantes étant des légumineuses, elles synthétisent elles-mêmes l'azote dont elles ont besoin : il faut seulement les arroser (le coton sert comme support pour retenir l'eau, pas pour nourrir).

samedi 27 avril 2013

La famille

Une nomenclature un peu particulière : celle de la famille ! pour une première approche de la généalogie

Toujours sur mes petits cartons 10x10cm, j'ai collé des photos de notre famille (Amaryllis et Pervenche, Papa&Maman, les grands-parents et arrière-grands parents vivants) ! Plus tard, je rajouterai les oncles et tantes et cousins, au moins ceux qu'elle connaît bien). 
J'ai collé une pastille aimantée (bidouillage maison à partir de plaques magnets publicitaires découpées), et ils ont trouvé leur place sur le frigo. Amaryllis peut ainsi les voir souvent... et Pervenche aussi, je suis donc en train de les plastifier ! 

Au début j'envisageais plutôt un vrai arbre généalogique, mais j'ai rencontré plusieurs problèmes, notamment  la taille des photos : il aurait fallu un support généalogique assez haut et large (4 générations, et je voulais que les générations et les familles/couples soient bien distinctes), et là.... encore un problème de place ! Comment le présenter pour qu'il soit facilement accessible ? les murs sont tous pris... J'aurais mis une pastille de velcro pour qu'Amaryllis puisse les repositionner. 

Bref, c'est maintenant plus libre comme activité... et finalement cela lui convient très bien ! Je lui ai montré comment les disposer "en arbre généalogique" par générations, et elle a bien compris le truc : "la photo d'A. va tout en haut, je suis la maman de Grand-Maman" ! 
Cela lui permet de prendre conscience du temps, que les parents sont aussi des enfants : quand Papa était un petit garçon, il habitait dans la maison de Grand-Père et Grand-Mère.... 
D'où une grave question : "Quand je serai une maman, est-ce que Maman sera une petite fille ?" ... Maman sera une grand-mère ! 
Ce n'est pas facile à comprendre tout cela ! "Quand Papa se rase, il a les joues toutes douces.... et Maman a les joues toutes douces aussi.... Donc quand on se rase, on devient une dame !" .... ! D'ailleurs "quand je serai grande, je serai une maman, et après je serai un papa" !