Réflexion critique au sujet de "l'éducation bienveillante",
à la lumière de ma vision de l'éducation chrétienne.
Pour compléter mon article d'hier, suite à vos commentaires toujours enrichissants, voici quelques précisions :
J'écrivais "Au final, le but proposé par l'ENV n'est
pas juste : nous éduquons nos enfants pour Dieu, pas seulement pour leur épanouissement humain. Pour des
parents chrétiens, le but de l'éducation n'est pas d'être épanoui mais d'être
saint. "
Je voudrais donc réfléchir avec vous sur la question du bonheur.
Par cela, je ne veux pas dire qu'il faut ignorer ou nier la
souffrance (physique, psychologique), ou ne pas tout faire pour améliorer la
situation,
mais plutôt que "Cherchez d’abord le royaume de Dieu et
sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît." (Matthieu 6 33).
Bien sûr, Dieu nous a créé pour être heureux (et pas seulement au Paradis, mais déjà sur terre).
Dieu nous veut saint, car la sainteté, c'est le Bonheur suprême, celui vers qui toute notre vie doit tendre.
Dieu nous veut saint, car la sainteté, c'est le Bonheur suprême, celui vers qui toute notre vie doit tendre.
Même si le point de vue séculier distingue bien le plaisir (immédiat, pas forcément bon pour moi) et le bonheur, si beaucoup de vertus sont d'abord humaines avant d'être chrétiennes (la maîtrise de soi, par exemple, cf les philosophes grecs stoïciens ou épicuriens), il me semble que le bonheur (humain) accompagne toujours le bonheur-sainteté... ou plutôt devrait l'accompagner, si le péché originel n'avait pas tout embrouillé.
Et le chemin de sainteté passe, parfois et chacun selon notre appel, par un renoncement à un bonheur humain. Savoir supporter une petite contrariété (ou une grande !!) en silence, sans rien dire ; savoir se priver volontairement du superflu... ou (de façon mesurée) du nécessaire, tout cela me semble absent de l'ENV.
Et le chemin de sainteté passe, parfois et chacun selon notre appel, par un renoncement à un bonheur humain. Savoir supporter une petite contrariété (ou une grande !!) en silence, sans rien dire ; savoir se priver volontairement du superflu... ou (de façon mesurée) du nécessaire, tout cela me semble absent de l'ENV.
(tout cela, de façon adaptée à l'âge et à la maturité des enfants ; mais il n'y a pas du tout besoin d'attendre l'âge adulte ou adolescent !)
Par exemple, si je me prive d'un morceau de chocolat, à l'intention de telle personne qui souffre, cela n'augmentera en rien mon bonheur humain (ou si, un peu, par la maîtrise de soi). Mais ce sera un pas vers Dieu (si c'est fait avec justesse).
Si je cherche à être saint, je connaîtrais forcément le bonheur (même sur la terre), tandis que si je cherche à être épanoui / heureux humainement, ... je ne serais pas forcément saint et donc pas pleinement heureux.
L'ENV nous invite à nous questionner : "suis-je capable de donner plus pour autrui ?"
Mais chercher la sainteté nous amène à nous demander : "Comment puis-je faire pour être en mesure de donner plus ?".
Pour en revenir à l'éducation bienveillante, il me semble qu'elle cherche avant tout un "bien vivre ensemble", un épanouissement personnel, qui ne sont absolument pas à rejeter, mais qui, selon moi, ne devraient pas être le but direct de notre éducation.
L'ENV nous invite à nous questionner : "suis-je capable de donner plus pour autrui ?"
Mais chercher la sainteté nous amène à nous demander : "Comment puis-je faire pour être en mesure de donner plus ?".
Pour en revenir à l'éducation bienveillante, il me semble qu'elle cherche avant tout un "bien vivre ensemble", un épanouissement personnel, qui ne sont absolument pas à rejeter, mais qui, selon moi, ne devraient pas être le but direct de notre éducation.


